Désir d'évasion.
Un peu comme quand tu pars
Et que tu sais que tu ne reviendras jamais

♫ Scary Kids Scaring Kids - Watch Me Bleed

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On m'appelle Angie. J'ai quinze années derrière moi et ça peu vous paraître peu, croyez-moi c'est déjà énorme.

C'est ici, entre deux marées, que je me décide enfin à faire quelque chose qui me trottait dans la tête depuis longtemps : écrire un blog. Pas n'importe lequel, non, j'en ai déjà plein, à quoi bon un supplémentaire ? Peut-être parce que j'ai besoin d'un petit coin juste à moi pour écrire sans retenues toutes les conneries qui passent et repassent dans ma tête d'adolescente immature. J'ai besoin de m'exprimer seule à seule avec moi-même. C'est sans doute stupide. Encore plus quand on sait que pour le faire, j'ai reprit un ancien blog qui a été lamentablement jeté en pâture à ma classe entière sous les quolibets moqueurs de mes chers camarades.

Au fond, ce n'est pas grave, ceux qui tomberont dessus ne le liront certainement pas : je n'accepte aucun ami et j'ai bloqué les commentaires. C'est moi, juste moi, et ça n'intéresse personne. Même les anciens clowns que j'ai fréquenté en 2oo7-2oo8 m'auront oubliée d'ici-là et je me serais arrangée pour avoir coupé tout contact avec eux, ils ne pourront rien faire. Rien, à part s'en aller, me laissant isolée avec des problèmes qui ne valent pas la peine d'être connus.
- Angie -

# Posté le mardi 08 juillet 2008 12:14

Modifié le mardi 08 juillet 2008 17:35

Tends-moi la main
Sauve-moi
Avant qu'il ne soit trop tard

♫ Within Temptation - Frozen

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Le désespoir est un sentiment que chacun connaît, mais d'une manière différente et que l'on gère tous à sa façon.

J'avouerai que je ne me souviens pas des causes exactes de ma première fois. Ce que je me rappelle, ce sont simplement ces longs vers rouges qui ont glissé le long de mes doigts, de mes poignets, de mes bras... J'étais pleine de frissons, ça chatouillait. Bientôt, cette couleur a avalé tout mon champ de vision, je ne voyais plus que cela. Du rouge, du rouge, du rouge. C'était effroyablement excitant. Je n'ai même pas songé à avoir mal.

Et puis, il y a eu ce rire. Ce rire puissant, insupportable, dément, comme le dernier aboiement d'un chien à l'agonie. Le visage barbouillé par l'écarlate, je me trouvais diaboliquement magnifique. Ce n'était pas moi, je le sais, c'est impossible. Quelque chose s'était emparé de mon esprit, je ne vois pas d'autre solution. Je ne me contrôlais plus. Je n'ai reprit conscience que pour nettoyer.

Il y a eu tant d'autres fois. J'ai arrêté désormais, je l'espère définitivement. Je n'ai pas fait de promesse, mais j'ai peur pour une certaine personne. Terriblement peur. Elle m'a fait promettre de lui dire dès que j'aurais des envies de mutilations ou de suicide. Mais que faire, que dire lorsque l'on a ces envies tous les jours ?...
- Angie -

# Posté le mardi 08 juillet 2008 17:51

Modifié le dimanche 04 janvier 2009 11:15

Courir, s'évader
Aller n'importe où
Simplement parce que ce monde n'est pas fait pour nous

♫ Evanescence - Lithium

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Mais si voyons, tu sais bien. Cette impatience folle que l'on a toujours en rentrant chez nous après une longue absence. Toutes ces illusions et ces idylles insensés. Tous ces espoirs perdus d'avance. Tu songes déjà à la joie de retrouver tes amis. Aux cartes postales que certains auront eu la gentillesse de t'envoyer afin de répondre aux tiennes. A ton lit, le vrai, celui dans lequel il s'est passé plein de choses. Aux ronronnements de bienvenue de ton chat, heureux de te revoir. Tu le hurlerais sur les toits du monde entier si c'était possible, il n'y a rien de plus beau que ton pays, et il n'y a rien de plus chaleureux que ta maison.

don't care what people say I'm dreaming louder everyday
don't care what people say I'm dreaming louder everyday

Et puis les rêves retombent, et la réalité s'écrase durement sur ta gueule comme une boîte d'oeufs en plein vol. Personne ne t'a écrit. Ton lit t'accueille avec un grincement douloureux. Ton chat s'enfuit en courant dès qu'il t'aperçoit. Sur leur blog, tes amis parlent de tout le monde mais ne mettent pas un mot sur toi. Enfin, ils t'adressent la parole, et aucun ne prend de tes nouvelles : l'un veut que tu lui mettes des commentaires, l'autre veut que tu lui souhaites joyeux aniversaire tandis qu'un troisième te rappelle d'amener de la bière pour samedi prochain. Aucun ne semble s'être rendu compte que tu t'étais absentée pour dix jours. Comme à son habitude, une personne que tu aimes énormément a validé tes messages sans y répondre, même un tout petit peu... malgré le fait que vous allez passer deux mois sans vous voir.

baby doll you're a porn soul
homeless wall I'm your prom doll

Le choc est dur, et une fois de plus décidément, tu te dis que tu aurais eu moins mal si tu n'étais pas montée sur ton petit nuage. La verité te rappelle une chose essentielle à ta vie : tu ne sers à rien, tu ne signifies rien, tu ne vaux rien, tu n'es rien. Tu n'es là que pour meubler le décor de la vie des autres. Et c'est ce même sentiment d'effroyable solitude qui t'oppresse à nouveau... Alors tu tournes un regard désespéré vers les valises ; elles ne sont pas encore défaites. Prends-les et repars au plus vite, avec tes dix mots d'anglais et puis tes trois mots d'allemand, c'est le mieux que tu puisses faire.
- Angie -

# Posté le lundi 21 juillet 2008 05:04

Modifié le mercredi 10 juin 2009 08:02

Vivre pour aimer
Aimer pour souffrir
Souffrir pour mourir

♫ AaRON - Lost Highway

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Dis, tu te souviens de tous ces moments passés ensemble ? Du tout début de notre amitié ? De nos passions partagées et de ces regards complices voilés par les préjugés de la vie courante ? De nos approches soit-disant discrètes et de nos blagues pourries ? Dis, tu te rappelles de la première fois où tu as prit ma défense ? Et de la première fois où tu m'as saluée en arrivant au collège le matin ? Dis, tu te rappelles de tous ces écrits que tu me montrais à moi et à moi seule ? Du premier secret que tu m'as confiée et de notre premier déjeuner ensemble ?...

Je garde les photos que tu n'as jamais prises. Les premiers sourires que tu m'as donnés. Tes soupirs lorsqu'il faisait beau, et tes regards à contre-jour. Je garde toutes nos faiblesses qui nous ont rendues plus humains, tous ces silences inutiles et notre langage maladroit. Je garde les reflets dans tes yeux, tous nos rires pour un rien, la douceur de nos mots et la dureté des autres. Je garde les couleurs du passé, le vent dans nos cheveux et nos mensonges muets... Je garde toutes ces lettres que tu ne m'as jamais envoyées, et toutes les phrases que j'aurais aimé t'entendre dire. Je garde les blessures que l'on a pu se faire parce qu'on aime sans armure et sans limite...

Dis, t'arrive-t-il parfois de penser à moi positivement ? D'avoir envie de me voir ? Dis, vois-tu quelquefois les tempêtes de larmes que je laisse couleur, comme une faible, comme une lâche, à cause de toi ? Et tous ces sourires que j'ai en pensant à la prochaine fois où je te verais ? Les cadeaux que je t'ai offerts sont-ils rangés précautionneusement ou oubliés au fond de ton armoire ? Sais-tu seulement que je t'aime plus que tout, vraiment plus que tout, plus que ma propre vie ? As-tu jamais comprit que tous ces bons moments passés avec toi resteront toujours gravés dans ma mémoire, et que personne ne pourra les remplacer ? M'as-tu déjà dit la verité, même un tout petit peu, concernant tes sentiments pour moi ?... Je sais bien que de nous deux tu seras le premier à t'en aller malgré tout, et je ne t'en veux pas. Plus que tout, je souhaite que tu sois heureux.
- Angie -

# Posté le mardi 22 juillet 2008 04:53

Modifié le mardi 26 août 2008 08:11

Lorsque l'on réfléchit bien
On a tous un meurtrier
Caché au fond de nous

♫ Alesana - Congratulations, I Hate You

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Il n'y a rien à écrire parce qu'il y a trop de choses à dire. Il y a tellement d'éléments à déverser que si je les mettais tous, cela produirait un ras-de-marée. On ne peut se réduire à l'essentiel avec des sentiments tels que la douleur, la peur, l'orgueil, le désespoir et la haine. Tout ce halo de sensations combinées renvoie à une façon d'être que je ne saurai décrire avec précision. La haine. J'en suis si remplie qu'elle me ronge l'être et me broie le coeur avec la violence de l'infâmie. Ce soir, je veux tuer. Ce mot qui habituellement en fait frémir plus d'un m'écorche la bouche avec le même plaisir viscéral que produit la torture. Mes yeux s'allument d'une lueur étrange et, observant mon reflet au-travers d'un miroir brisé, mon regard dissimulé derrière des mèches de cheveux ébouriffés, je prends conscience de la démence qui habite mon âme depuis un certain temps déjà. Pliée en deux sur une chaise trop confortable, je souhaiterais voir le temps s'arrêter.

Tu es dehors. Tu ne sais même plus ce qu'on t'as dit ni ce qui s'est passé, tu sais juste que tu es hors de toi et que tu as une furieuse envie de pleurer. Tu as les poings si serrés que tes jointures sont blafardes. Inconsciente, tu marches comme un automate ; tu arrives à peine à réaliser que ce sont tes pas qui te guident. Les gens ne se retournent plus sur ton passage car désormais, ton style est trop banal pour être remarqué. En croisant ton reflet dans une vitre de voiture, tu songes avec amertume que si tu as ce look de tectonikilleuse à la con, c'est uniquement pour te faire des amis. Ta silhouette se découpe tristement sur le goudron désseché, tu ne ressembles à rien. Tu es un pantin désarticulé, dirigé par quelque esprit invisible et malfaisant. Les rappeurs que tu croises te mattent, un sourire aux lèvres, alors qu'avec ton ancien look pas un seul rocker ne t'avait porté la moindre attention. Passant devant un mur de briques, tu lis en gros caractères : Mél + Will = Best Friends. Ta vision se brouille et les lettres changent. Il y a désormais écrit Pie + Angie = Best Friends. Un bref sourire éclaire ton visage, que tu chasses d'un simple haussement d'épaules : de toute façon ça craint. Tu ignores pourquoi, tu as les larmes aux yeux mais des passants s'approchant, tu te composes aussitôt cet éternel visage impassible derrière lequel tu te caches tout le temps. Tu n'es rien et tu ne ressens rien.

Arrivée à la boulangerie, la vendeuse te demande avec une moue compatissante ce que tu désires. Tu promènes des yeux hagards autour de toi avant de t'apercevoir que tu n'as pas de monnaie européenne, juste des livres sterlings. Adressant un faible sourire d'excuse à la marchande, tu repars en traînant les pieds, les mains vides, déambulant sans but dans les ruelles. Tu entends déjà ta mère te traiter de bonne à rien, te disant que tu finiras seule et à la rue, qu'il n'y a pas de place pour toi dans ce monde, le pire étant qu'elle a entièrement raison. Fermant les yeux, tu demandes à voix haute pardon à toute la Terre d'être née. En cet instant, tu te demandes pourquoi ta mère n'a pas avorté. Elle aurait été heureuse ainsi et toi aussi. Ce pensant, tu relis un texte déjà vu un peu plus tôt sur les conditions de l'avortement. Tu as la sensation de te faire arracher les bras et les jambes par une sorte de robot, et une violente envie de vomir te saisit.

Des cris. Des hurlements. Et des coups qui tombent. Les insultes fusent. Tu as du mal à te contenir. Tu n'as envie que d'une chose : lui rendre coup pour coup. Du sang. Ta vision en est remplie et cela te fait trembler de plaisir. Tu voudrais la réexpédier dans ses buts, au moins lui interdire de te frapper, mais la présence de ton père non loin t'en empêche ; tu as trop peur de lui pour opposer une résistance. Les larmes te picotent les yeux. Des larmes de dégoût, des larmes d'impuissance. Elle a agit précisément comme tu l'avais prédit. Tout est décidément trop prévisible. A force de patience, tu contrôles le monstre qui est en toi, tu le forces à rentrer en son fort. Mais pour combien de temps y restera-t-il ?... L'excitation et la lassitude t'envahissent, et tu veux tout jeter par la fenêtre. Plus tard tu seras condamnée à mourir car ici tu n'a jamais été qu'une simple mortelle. Il n'y a rien à ajouter parce que trop de choses sont demeurées muettes.
- Angie -

# Posté le vendredi 25 juillet 2008 09:49

Modifié le vendredi 25 juillet 2008 11:08